24
août 2017

En marche pour un nouveau Grand Paris

Politique
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La Métropole du Grand Paris (MGP) survivra-t-elle à la nouvelle présidence ? En l'état, il y a peu de chance. Emmanuel Macron, sans en donner les détails, s'est exprimé sur la question à l'occasion de la Conférence nationale des territoires qui s'est tenue le 17 juillet au Sénat. "L’idée du Grand Paris mérite mieux que ce que nous en avons collectivement fait - il faut bien le dire - de part et d’autre, pour des raisons politiques et pour des équilibres incertains", d'après le chef de l'Etat. L'organisation institutionnelle, qu'il souhaite "stabilisée et efficace" pour gagner en compétitivité, "produire la richesse pour ensuite pouvoir la répartir harmonieusement sur le territoire" nécessite, selon lui, une "simplification drastique des structures". Qui, de la MGP de Patrick Ollier ou des départements de petite couronne subsistera ? "Je ne veux pas ici exposer des conclusions hâtives, je verrai chacune et chacun. Nous avons commencé ce travail avec le Premier ministre. Dès cet automne, après une concertation approfondie avec les acteurs concernés, je proposerai les bases du Grand Paris qui, aujourd'hui - je dois vous le dire de manière honnête - est au milieu du gué, en raison d’une structuration trop complexe"

La fusion 92/78 en péril
Aucune précision donc, mais quelques indices tout de même qui n'ont pas échappé aux élus, aux présidents des départements de grande couronne en particulier. "Si le président évoque la 'Métropole dans la Région Capitale', il semble de facto rejeter l’hypothèse d’une métropole aux dimensions de la Région Ile-de-France et n’apporte aucune garantie quant à la pérennité des collectivités territoriales qui en constituent l’armature", déplore l'association Grande couronne capitale dans un communiqué de presse du 18 juillet. "La bonne échelle n’est pas celle de la Métropole qui exclut les habitants de grande couronne mais bien celle d’une Région Capitale. Avec 12 millions d’habitants, l'Ile-de-France doit avoir un statut particulier comme cela a été fait dans la métropole de Lyon qui ne compte qu’1,5 million d’habitants", soulignent les têtes des grands départements franciliens. 
Christian Favier, président (PCF) du Val-de-Marne, s'inquiète, pour sa part, d'une disparition annoncée des départements faisant partie du périmètre institutionnel de la MGP : "je refuserai toute modification qui serait contraire à l’intérêt des habitants et du service public. Je suis convaincu, à l’expérience, de la pertinence de l’échelon départemental y compris en zone urbaine".
En outre, Emmanuel Macron, sans le dire explicitement, semble avoir tué dans l’œuf le projet de fusion envisagé par les départements des Yvelines et des Hauts-de-Seine : "si on accroît les inégalités et les déséquilibres, en proposant des rapprochements entre des territoires qui constitueraient un îlot de richesse, dans des régions, des bassins de vie qui sont déjà profondément déséquilibrés, ce n'est pas une bonne chose pour l'intérêt général". La rentrée francilienne s'annonce mouvementée !

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