28
mai 2020

L'édito - Révélateur

Editos
Outils
TAILLE DU TEXTE

Ce numéro de Traits urbains a été bouclé une semaine avant l’amorce de la levée du confinement. En pleine incertitude, donc, sur le retour à la normale pour certaines fonctions urbaines, restées en mode « dégradé » pendant deux mois. Incertitude encore plus grande sur la façon dont la « ville d’après » s’organisera. Enrichie des analyses qui foisonnent sur les modes de vie (le télétravail, la conception de l’habitat, les mobilités, la précieuse biodiversité, l’indispensable logistique…) ou recroquevillée sur des réflexes anciens, tous les acteurs tétanisés par la crise économique et sociale ?

A la rédaction de Traits urbains, nous voulons bien sûr miser sur la première option. Cette ville d’après, celle des transitions, notre magazine et ses lecteurs l’anticipent de longue date. Mais la crise a servi de révélateur pour de nombreuses contradictions. Le « vivre ensemble » et la distanciation. La densité et la contagion. Le recul souhaité de l’automobile et la protection qu’elle offre. La liberté et le contrôle. L’inattendu et l’hygiénisme. La smart city a marqué des points en montrant l’utilité du pilotage à distance des fonctions urbaines. L’habitat individuel aussi, qui a souvent rendu le confinement bien plus supportable.

La crise sanitaire a mis en lumière des situations connues et dénoncées depuis longtemps – le mal ou le non-logement, l’isolement cruel des seniors, la foule utile des mal-payés – tout en révélant des solidarités multiples. La ville d’après est entre les mains de tou.te.s.