19
novembre 2017

Cas d'école

Editos
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Le 10 juillet, le nouveau préfet de la région Ile-de-France, Michel Cadot, a présenté aux parlementaires franciliens, fraîchement élus et novices en la matière pour certains, les grands enjeux franciliens - aménagement du territoire et des transports, hébergement et logement, éducation et cohésion sociale - et "le caractère atypique de nos dossiers". Le séminaire s'est ouvert sur les enjeux du Grand Paris Express et de l'aménagement métropolitain. Le préfet a d'abord rappelé que la métropole devait se construire sur des projets, et qu"ensuite seulement, la question des périmètres se posera". On l'aura bien compris, des changements de gouvernance sont attendus (cf. p. 2). Ensuite, Philippe Yvin, président du directoire de la Société du Grand Paris, et Thierry Lajoie, à la tête de Grand Paris Aménagement, ont expliqué tour à tour le rôle de leurs institutions respectives.

Au cours de cette première table ronde sur l'aménagement, il a surtout été question de "ville monde", "d'attractivité", de "compétition entre métropoles mondiales", de "création de richesse"... De densité aussi. Thierry Lajoie et Philippe Yvin l'ont vivement expliqué : autour des 68 futures gares, plus de 140 km2 de bâti émergeront au rythme des chantiers de la future rocade. Grand Paris Aménagement compte à elle seule une centaine de projets. L'ampleur du pipeline soulève des questions. Les parlementaires n'ont pas manqué de les soumettre aux représentants de l'Etat.

A Saclay, des députés s'inquiètent notamment de l'impact environnemental du futur viaduc prévu pour la réalisation de la ligne 18. "Pourquoi ne pas faire des gares plus modestes et préserver davantage l'environnement agricole ?". D'après Philippe Yvin, "réinterroger le projet", qui aurait déjà atteint un "niveau record" en termes de concertation, engendrerait "un retard de 3,5 ans" et un surcoût de "300 M€". Un autre "néo-député", du Val-de-Marne, a interrogé l'assistance sur la légitimité du Grand Paris, ses contours, sa gouvernance, son rôle - en matière de répartition financière notamment - et l'effet doublon créé avec la Région. Sujet sensible sur lequel "les parlementaires seront invités à débattre dans les semaines à venir", selon Yannick Imbert, Sgar. Novices certes, mais impliqués ces néo-députés !