22
juillet 2018

La rareté fait le prix des choses

Editos
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Quand la Cour des comptes met son nez dans les dispositifs publics, il est rare que ça se termine bien (lire article). Le programme "Habiter Mieux", créé en 2010 et géré par l'Anah, n’est pas de ceux-là. Il peut se vanter d’obtenir les compliments des Sages. Un événement si rare que les sénateurs présents lors de l’audition du rapport ont rappelé, à chaque prise de parole, le caractère exceptionnel de la chose.

Saisie fin 2016 par la commission des finances du Sénat, la Cour des comptes a donc enquêté sur ce programme qui vise à aider par des subventions les ménages à revenus modestes à entreprendre des travaux dans le but d'améliorer la qualité énergétique de leurs logements. "De tous les programmes destinés à réduire la consommation énergétique des logements, c'est celui qui présente le plus de caractéristiques satisfaisantes", loue la Cour. Et notamment la procédure de contrôle, certes "consommatrice d’emplois administratifs", ergote-t-elle. La pratique d’une double visite de l’opérateur chez le demandeur, avant et après les travaux, les contrôles sur place menés par les instructeurs de l’Anah et les évaluations globales du programme, sont "des points forts à maintenir", selon les Sages.

Et tant pis si l’objectif de rénovation de 300 000 logements entre 2010 et 2017 n’a pas été atteint (81 %). Un gros morceau attend désormais l’Anah : aider chaque année 75 000 foyers modestes à faire les travaux, objectif fixé dans le cadre du plan de rénovation énergétique des bâtiments, contre environ 35 000 aujourd'hui. "Nous sommes d'ores et déjà mobilisés", assure Nathalie Appéré, présidente de l'Anah. Un des secrets de la réussite, sans doute.