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Face aux inquiétudes des élus quant à l’hypothétique report – voire abandon – de certains tronçons du Grand Paris Express, le président du directoire de la Société du Grand Paris n’a, pour l’heure, aucune réponse à fournir. Invité par l’Institut Diderot, le 19 octobre, Philippe Yvin a listé, devant des élus et des acteurs de la sphère économique francilienne, les enjeux métropolitains. Une large partie de son propos a porté sur l’attractivité économique, un peu moins, étonnamment, sur le Grand Paris Express. Il a tout de même rappelé "le facteur essentiel de cohésion sociale" que représentent les mobilités, grâce à "un accès facilité à la culture", notamment, et a défendu – pour ceux qui en douteraient encore – la nécessité de réaliser le GPE dans sa totalité : "c’est l’un des investissements publics les plus rentables", sachant que "nous ne dépendons pas du budget de l’Etat" (emprunt long terme et taxation).

Avertissant d’une possible "sous-estimation" de la fréquentation pour certaines lignes, Philippe Yvin met en avant les "effets sociaux et économiques" considérables d’un tel projet. Et se félicite des efforts "d’anticipation puissants" dont font preuve les acteurs de l’aménagement en se positionnant sur 19 (dont 14 hub) des 51 sites du concours "Inventons la Métropole du Grand Paris" (cf. p. 4), six ans avant la réalisation du GPE. Or, "il ne faut pas casser cette confiance". D’autant que ces 19 projets représentent 4,5 Md€ d’investissements, pour près de la moitié des surfaces mises en consultation, et qu’ils permettront la réalisation de plus de 8 000 logements. Notons, par ailleurs, que très peu de terrains candidats se trouvent sur les trois tronçons du GPE les plus menacés (lignes 18 Ouest, 17 et 15 Est).

Peu importe, puisque le Grand Paris Express reste "un point d’appui décisif" pour le développement de tous – ou presque – les programmes de l’appel à projets. Programmes qui représenteraient plus de 7 Md€ d’investissement, pour le développement de 2,1 millions de m2, dont 39 % dédiés au logement, 41 % aux activités économiques, et 8 % aux équipements publics. "C’est le concours de la démesure, de l’exception", se félicite Patrick Ollier, président de la MGP, pour – et ils en rêvent tous - que la métropole parisienne devienne "la plus attractive d’Europe".